22.
LA CONJURACIÓN DE LAS PALABRAS
Traducción al francés
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LA CONJURATION DES MOTS
Il était une fois un grand édifice appelé
Dictionnaire de la langue espagnole, de taille colossale
et hors de toute norme qui, au dire des choniqueurs, occupait le
quart d’une
table, de celles, destinées à divers usages, que nous
voyons dans les maisons des hommes.
Si nous devons croire un document ancien trouvé dans un très
vieux secrétaire, lorsqu’on rangeait ledit édifice
dans les étagères de son propriétaire, laplanche
qui le soutenait menaçait de se briser, avec de grands risques
pour tout ce qu’elle supportait. Il étail fait de deux
larges murailles de carton, doublées de peau de veau marbrée,
et sur la façade, qui était également de cuir,
on voyait un grand encadrement avec des lettres dorées, qui
annonçcaient au monde et à la postérité
le nom et la signification de ce gran monument.
A l’interieur c’était un labyrinthe si merveilleux,
que même celui de la Crète ne l’eût pas
égalé. Il étail cloisonné par pas moins
de six cents parois de papier avec leurs numéros, appelées
pages; Chaque espace était divisé à son tour
en trois corridors, ou couloirs, très grands, et dans ces
couloirs se trouvaient d’innombrables celulles, occupées
par les huit ou neuf cent mille êtres qui avaient leur logement
dans cette très vaste enceinte. Ces êtres s’appelaient
les mots.
***
Un matin, on
entendit un gran vacarme de voix, de bruits de pas, d’entrechoquement
d’armes, de frôlements de vêtements, d’appels
et de hennissements, comme si une armée nombreuse s’était
levée et vêtue en toute hâte, se préparant
pour une terrible bataille. Et, en vérité, il devait
bien s’agir de guerre parce que, peu de temps après,
tous les mots du Dictionnaire, ou presque, sortirent, avec
des armes puissantes et étincelantes, formant un escadron
si grand qu’il n’aurait pu tenir dans la Bibliothèque
Nationale elle-même. Le spectacle que présentait cette
armée était magnifique et surprenant, d’après
ce que me raconta le tèmoin oculaire qui observa le tout
depuis une cachette proche, lequel témoin oculaire était
un très vieux Flos sanctorum, doublé de parchemin,
qui se trouvait sur la même étagère en ce temps-là.
Le cortège avança jusqu’à ce que tous
les mots soient hors de l’édifice. Je vais essayer
de décrire l’ordre et l’apparat de cette armée,
en suivant fidèlement le vrai, scrupuleux
et authentique récit de mon ami le Flos sanctorum.
(EXTRACTO).
Pierre Audureau, Profesor de Lengua y Literatura Española,
Bressuire, Francia.
Benoît Vieillard, Ilustrador.
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